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Ville de Lille : une stratégie à long-terme de réduction des consommations accompagnée par ENGIE-Cofely

Depuis 2004, la ville de Lille met en place une politique volontariste de réduction des consommations des bâtiments qu’elle exploite.

C’est d’abord avec l’aide de l’association Negawatt que sont posés les premiers piliers de la démarche : sobriété, efficacité et énergies renouvelables. La Ville reçoit en 2014 le label Européen Cit’ergie, pour la qualité et l’ambition de sa Politique Energie Climat; ce label lui sera renouvelé lors des prochaines Assises de la Transition Energétique à Dunkerque fin janvier 2019. En 2017, la Ville signe la nouvelle Convention des maires pour le climat et l’énergie dont l’objectif est de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre par la réduction des consommations d’énergie. Lille vient de se lancer en 2017 dans la course pour devenir « Capitale verte européenne » en 2021. Ce prix récompense les communes de plus de 100 000 habitants qui s’impliquent dans des démarches exemplaires en matière de développement durable.

 

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les marchés performantiels successifs pour le chauffage des bâtiments municipaux. Après un premier contrat de 8 ans, la ville de Lille mène en 2016 une nouvelle consultation selon un dialogue compétitif pour la mise en place d’un Contrat de Performance Energétique (CPE). Pour mémoire, de 2004 à 2017, la ville avait déjà diminué ses consommations de chauffage de 19%, soit une économie cumulée de 20 millions d’euros.

 

Le périmètre représente près de 80 GWh annuel en chauffage (gaz et chauffage urbain) pour 350 sites situés à Lille, Lomme et Hellemmes : groupes scolaires, bâtiments administratifs, musées, piscines et salles de sport, … Quatre lots sont établis en fonction des besoins d’exploitation : lot 1 pour les sites complexes et multitechniques (chauffage, groupes froids, éclairage, gestion électrique), lot 2 rassemblant les 5 piscines du territoire, lots 3 et 4 se répartissant sur une base géographique les bâtiments municipaux. Le CPE est prévu pour une durée de 7 ans et comprend une enveloppe d’investissements de départ financée par la ville (4-5 millions d’euros prévus initialement). Le candidat retenu réalise alors les investissements (P6), prend à sa charge l’exploitation des sites (P2), assure l’entretien des installations, le renouvellement programmé des installations (P3.2) et la garantie totale (P3.1), c’est-à-dire le remplacement des équipements existants en cas de casse ou usure non programmée. A ce marché s’ajoute des tranches conditionnelles de fourniture en gaz pour des durées renouvelables de deux ans (P1).

 

C’est un groupement mené par ENGIE Cofely qui fut l’attributaire du marché CPE et de la première tranche conditionnelle de fourniture de gaz. Le groupement s’engageait sur des taux minima de réduction par lot, soit en moyenne -20% sur 7 ans sur la partie chauffage, -17% sur la partie électricité et -15% sur les consommations d’eau.

 

ENGIE Cofely prévoit la mise en place d’une plateforme numérique et interopérable, l’extension de la télégestion (ajustement de la courbe de chauffe à distance selon les besoins et les températures extérieures) démarrée par l’ancien exploitant avec l’installation d’objets connectés, la rénovation des éclairages de certains bâtiments prestigieux, le remplacement de groupes froids par une nouvelle technologie à paliers magnétiques à haut rendement. Un financement régional (FRATRI) a pris en charge les outils numériques (objets connectés, télérelève, plateforme INTENT d’agrégation des data collectées) et surtout la démarche d’energy manager. De quoi s’agit-il ?

 

Damien Baleux, responsable du service énergie à la ville de Lille nous l’explique : « les engagements de l’exploitant ne seraient pas atteignables sans une action sur les comportements des usagers ; il ne s’agit pas de mener une simple sensibilisation, il faut une action d’accompagnement ciblée, bâtiment par bâtiment. Cette idée, démarrée sous le contrat précédent, se développe progressivement sous ce nouveau contrat ». Des « référents énergie », formés et accompagnés par Engie-Cofely, sont mis en place parmi le personnel administratif ; leur rôle est de suivre les consommations : relevé régulier des compteurs, affichage aux yeux de tous, comparaison avec les périodes similaires antérieures, traduction en euros pour mieux sensibiliser. Le référent prend aussi le relai pour corriger les dysfonctionnements légers (éclairage, portes mal fermées,..).

 

Pour construire le dialogue, ENGIE-Cofely s’est associé avec Citéo, premier opérateur français de médiation sociale : l’idée est certes de dire qu’il faut éteindre la lumière ou baisser le chauffage, mais cela passe mieux quand on sait comment l’expliquer!… ENGIE a mis en place une dynamique collective : les référents se retrouvent régulièrement et échangent leurs bonnes pratiques, les effets de leurs suivis sur les consommations,…

 

Pour la ville de Lille, l’enjeu n’est pas seulement au niveau du CPE. Comment une collectivité qui par nature sépare les budgets fonctionnement des budgets investissements peut créer les passerelles pour que les économies de l’un abondent le budget de l’autre ? C’est la démarche d’intracting : les travaux portant sur des équipements (chauffage, production d’eau chaude, ventilation, éclairage ou régulation, …) génèrent des économies d’énergie qui servent à préparer des rénovations plus lourdes des bâtiments ; l’intracting constitue aussi un engagement interne entre services de la collectivité pour atteindre l’objectif fixé. La ville de Lille, dans le cadre de son partenariat avec l’Etat, se doit de maîtriser ses dépenses de fonctionnement pour maintenir le niveau des dotations qu’elle reçoit; on comprend dès lors l’enjeu de trouver coûte que coûte des gisements d’économies d’énergie.

 

Damien Baleux constate que jusqu’à l’heure actuelle, l’opérateur choisi tient globalement ses objectifs ambitieux : réduction des consommations, respect du timing des travaux, maîtrise des coûts et respect des engagements pris en termes d’insertion sociale… Mais c’est sur la durée que l’on jauge les résultats:  pour Damien Baleux, il ne faut surtout pas extraire un CPE de tout le travail préparatoire fait en amont, par la ville ou par les opérateurs précédents. Les engagements vertueux se gagnent sur le long terme.

Posté le 19/12/2018
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